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La Brasserie 3 MONTS et la consigne depuis plus de 100 ans

31.05.2021

Histoire

La Brasserie 3 MONTS a modernisé sa ligne de conditionnement en 2020, afin de doubler sa cadence de production passant de 6500 à 12000 bouteilles par heure.

Le choix de conserver une laveuse de bouteilles était évident pour suivre notre démarche RSE* et dans l’ère du temps d’un point de vue environnementale. 

Maintenir cette activité est logique quand on sait que la Brasserie 3 MONTS est la dernière brasserie historique et toujours en activité sur le secteur de la Flandre Française, avec toute l’expérience et le savoir-faire qui résulte d’un siècle de traditions et d’évolutions des modes de consommation… 

Un héritage plein de légitimité et de bon sens depuis 100 ans, on vous explique son fonctionnement.

1. Un peu d’histoire

D’abord livrées en fûts dans les années 1920, les bières de la Brasserie 3 MONTS sont consommées dans les estaminets (1 estaminet pour 50 personnes au siècle dernier en Flandre). Elles seront ensuite mises en bouteille à partir des années 30 et commercialisées consignées, en caisse, avec bouchon mécanique. D’une part, il était indispensable de pouvoir conserver les bières dites « de table », donc de pouvoir les refermer, d’autre part, cela permettait de réutiliser l’emballage dans sa totalité.

L’activité des dépositaires fait aussi partie de l’histoire. Les boissons étaient distribuées directement chez le particulier, dans des contenants qu’on récupérait. Un système de consigne permettait au client de disposer de sa contribution financière à la restitution de sa bouteille ; le brasseur rembourse ou déduit ce montant car il va la laver et la réutiliser. Un réflexe « gagnant-gagnant » qui permet d’impliquer le consommateur dans la vraie valeur que représente cet investissement pour le brasseur.  

Cette pratique ne s’est jamais perdue mais a perdu beaucoup de sa clientèle en 50 ans. Elle est pourtant encore d’actualité pour de nombreuses boissons dans le circuit des Cafés-Hôtels-Restaurants des dépositaires appelés aussi « drinks », ainsi qu’en Belgique, voisins de la Flandre française que ce soit en fût et/ou en bouteille.

*RSE : Responsabilité Sociétale des Entreprises « contribution des entreprises aux enjeux du développement durable ».

2. Les limites de la consigne

Le bon sens de ce modèle le rend « circulaire » mais jusqu’où est-il réellement sans impact ?  Une fois acheminées, il faut optimiser le retour des bouteilles et donc les récupérer dans leur totalité… Organiser 2 retours serait complétement contre-productif. Par exemple, on considère que le rayon géographique autour du lieu de production ne peut excéder 200 kms avec 12 à 14 utilisations pour que le système avec consigne soit plus performant que le système sans consigne (source : ADEME). L’avenir consigne est donc directement conditionnée par l’envie de « consommer local » ce qui se passe depuis plus de 100 ans avec la Brasserie, autrefois dans des tonneaux aux alentours des 3 MONTS et désormais avec les bouteilles/fûts. 

Ces limites vont donc obliger les fabricants qui souhaitent s’inscrire dans ces démarches vertueuses, à repenser leurs stratégies en terme de conditionnement, de stockage, de distribution… Techniquement aussi : investir dans des équipements adaptés, évaluer le nombre de réutilisations possible, maîtriser la consommation d’eau associée au lavage, réduire les cadences de production quand il faut ajouter cette étape, la nécessité d’utiliser des étiquettes sèches posées avec une colle naturelle qui se dissout dans l’eau chaude (contrairement aux étiquettes adhésives et plastifiées), collaborer pour un retour à la standardisation des emballages… 

Source : ADEME (http://www.ecoemballages.fr)

La filière brassicole, dont le marché est très dynamique, voit naître depuis quelques années déjà, de nombreuses initiatives pour accompagner les entreprises dans ces questions d’une importance capitale pour l’avenir. 

ASTUCE : Comment savoir si une bouteille est consignée ou si elle peut être réemployée ?

Le sigle consigné sur l’emballage permet de reconnaître les bouteilles en verre que vous pouvez ramener au magasin pour récupérer la consigne.

Le sigle consigné sur l’emballage permet de reconnaître les bouteilles en verre que vous pouvez ramener au magasin pour récupérer la consigne.

De plus vos commerçants vous précisent si vos emballages sont consignés et les tarifs associés à celle-ci. Chez 3 MONTS, le coût d’une bouteille consignée peut aller de 0,20€ à 0,45€

3. Les initiatives

En faisant appel parfois à la conscience écologique des consommateurs, certaines start-up lèvent des fonds pour fédérer autour du retour à la consigne ou à défaut, au réemploi. 

Quelques exemples :

Haut la consigne a pour mission de proposer une alternative aux habitants et aux entreprises des Hauts-de-France avec une solution de boucle au réemploi des contenants (bouteilles, caisses, bacs). Il s’agit d’une autre issue écologique en faveur de l’économie circulaire. https://hautlaconsigne.fr

Bout à bout présent en Pays de la Loire, développe une filière de réemploi des contenants en verre. Ce système possède un avantage écologique puisqu’il permet jusqu’à 75 % de réduction des émissions de CO2 par rapport au recyclage. http://www.boutabout.org/

Certaines grandes et moyennes surfaces sont équipées d’une machine La Déconsigne, qui récupère la consigne, cela permet aux clients de supermarché d’échanger leurs bouteilles de verre vide contre des bons d’achats. https://ladeconsigne.fr

Les artistes qui créent de la déco avec des matériaux de récupération (création de verres, vases, DIY déco, etc…). Quelques idées de réemploi à la maison. https://www.deco.fr/diapos-deco/74464-diy-10-idees-deco-avec-des-bouteilles-en-verre

Uzaje développe les solutions logistiques et industrielles pour le réemploi des emballages dans les secteurs de la restauration et la distribution alimentaire. https://uzaje.com/fr/

Alors comment choisir ?

Pour éviter de s’y perdre, il faut simplement garder à l’esprit qu’en terme d’emballage et de zéro déchet, il faut faire preuve de logique et de bon sens. En 100 ans d’expériences, nous ne pouvons que vous conseiller de trouver les informations auprès d’acteurs légitimes qui s’engagent pour (re)trouver de bonnes habitudes.

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